★ Samedi 6 janvier « Shusheta, l’espionne qui dansait les cortinas » avec DJ Jean-BA du CCTC ★
El Salón de Tango – A Bailar Tango MONTPELLIER
Bailarinas, bailarines,
Notez dès à présent les quelques dates à retenir pour profiter des milongas proposées par l’association A Bailar Tango au premier trimestre de l’année 2024. La première milonga « Shusheta, l’espionne qui dansait les cortinas » se déroulera au Salon de Tango le samedi 6 janvier musicalisée par DJ Jean-Baptiste Rivoire (Cuatro Compases Tango Club). Puis, le samedi 3 février la « Milonga del tigre joven » musicalisée par DJ Virginia Uva (Toulouse) précédera la 11éme édition de Griseta de Montpellier, du 16 au 18 février.
Moi, pour mon cadeau de Noël, j’ai commandé un pass-3 jours pour Griseta, l’intégrale de la série TV Nestor Burma (pour Léo Malet né à Montpellier et pour Guy Marchand, mort il y a quelques jours à Cavaillon) et puis « L’espion qui aimait les livres » de John Le Carré pour lire dans le TGV.
Pourtant, ce qui a inspiré le titre de cette milonga n’est pas une fiction mais l’affaire bien réelle des « cinq de Cambridge », organisation secrète qui compta notamment Anthony Blunt, historien d’art mondialement connu. C’est Me Margaret Thatcher qui révéla publiquement en 1979 que cette éminente personnalité du Royaume Uni, anobli par la reine d’Angleterre dont il fut le conseiller personnel, avait été un espion du KGB durant la guerre froide.
Sur France Inter https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/rendez-vous-avec-x/anthony-blunt-1051218
Sur Slate https://www.slate.fr/story/233432/elizabeth-buckingham-espion-sovietique-anthony-blunt-anobli
Il faut bien admettre que Shusheta est un tango qui intrigue.
Comme un agent double, ce tango composé en 1920 par J.C. Cobian, est aussi connu des milongueros pour sa version instrumentale (par Di Sarli notamment) que pour sa version chantée (par D’Agostino/Vargas notamment) après que Cadicamo lui a ajouté des paroles et a changé son titre. Pour induire un peu plus en erreur, le titre « Shusheta » s’est vu re-baptisé « l’Aristocrata » quand un gouvernement argentin décida d’interdire l’utilisation du lunfardo (l’argot portègne) dans le tango.
« Shusheta » n’est donc pas un prénom exotique comme on pourrait le supposer de prime abord mais un terme d’argot désignant un fils à papa, un séducteur, un dandy, un noceur adepte des cabarets,…
« Shusheta » comme « Aristocrata », vocables à forte consonance féminine, sont en réalité deux termes masculins. Cette ambivalence fait évidemment songer au travestissement pratiqué dans l’univers de l’espionnage, comme celui auquel se prêta le célèbre chevalier d’Eon, espion de Louis XV (dont Mylène Farmer s’inspira pour sa chanson à succès « Sans contrefaçon »). Ce serait d’ailleurs un bon titre pour une milonga super-inclusive à thématique LGBTQIA+WT%THxBBIFYP-L2X …
Comme pour brouiller davantage les pistes, plusieurs versions du texte existent qui résultent de purges du lunfardo opérées non seulement sur le titre mais sur l’ensemble du texte d’origine, dans un contexte de gentrification croissante du tango.
Étonnamment, le terme « Shusheta » serait d’origine française. Il dériverait du vocable lunfardo «petimetre», né littéralement de « petit maître » (correspondant dans l’acception espagnole à « señorito », petit seigneur…) … Mais doit-on vraiment croire que « Shusheta » se déduit d’altérations successives de la prononciation de « petit maître » ?
Enfin, l’identité de la personne qui a inspiré ce tango demeure mystérieuse. Il pourrait s’agir de Martín Álzaga Unzué alias Macoco, un proche de J.C Cobián, mais cette hypothèse fait toujours débat au sein de l’académie du Lunfardo.
Un agent secret ou une organisation secrète littéralement digne de son qualificatif ne devrait pas être connue, une milonga secrète non plus.
Alors soldats de l’ombre, agents infiltrés, spécialistes du contre espionnage, membres de la 5éme colonne, taupe du MI6 ou transfuge du MP3, espions du Mossad retournés, employés de bureau des légendes ou des histoires à dormir debout, relaxés de l’accusation d’intelligence avec l’ennemi en temps de guerre ou de bêtise en famille en temps de paix, … c’est pas moi qui vous ai dit que c’est DJ Jean BA qui le samedi 6 janvier animera « Shusheta, l’espionne qui dansait les cortinas ».
Mais attention, à la fin de la nouvelle uchronique de Joe Tambien, c’est en dansant les cortinas dans une milonga portègne des plus traditionnelle que Shusheta trahit son appartenance au KBCO (culte de la personnalité et dodelinement du chef) aux yeux d’Heinrich Salgan, capitaine de l’implacable Division D’Arienzo.
SAV : Si vous trouvez cette chronique trop longue, je vous réponds avec Guy Marchand « moi je suis tango tango, j’en fais toujours un peu trop ».
Di Sarli « Shusheta » https://www.youtube.com/watch?v=-eI6XwGQWB4
D’Agostino/Vargas « El Aristocrata » https://www.youtube.com/watch?v=e-CzPX7Km7g
Guy Marchand « moi, je suis tango » https://www.youtube.com/watch?v=scig1c8dU04
A Bailar, Amed Yalouz
GRISETA de Montpellier #11 16|17|18 février 2024. https://www.facebook.com/Griseta.de.Montpellier
FB EVENT : https://fb.me/e/xEGlwlqbG
MILONGA SHUSHETA SAMEDI 6 JANVIER
HORAIRES : 21h30-2h.. TARIFS : -30 ans gratuit | 30>40 ans 5€ | élèves 5€ | étudiants/demandeur d’emploi 7€ | normal 10€ (grignotis sucré-salé), adhésion 23|24 incluse. |