| Bailarinas, Bailarines,
Demain, samedi 2 août, ne ratez pas le troisième « Bal insomniaque » si vous aimez tanguer sur la piste extérieure du Salon de Tango dans un décor de guinguette post contemporaine (guirlandes sommaires et conteneurs maritimes).
D’autant que ce moment rare et éphémère (la prochaine et avant dernière milonga plein air se déroulera le 23 août) sera musicalisé par DJ François Olivier tout droit venu de Arles où, soit dit en passant, le festival de la photo Les Rencontres d’Arles bat son plein.
Pas de photo argentique pour le tango argentin dans cette sélection de clichés prise à la sauvette par Thévanna lors du second bal insomniaque et de la seconde Milonga du Musée : Bal Insomniaque 26/07 – MdM 30/07
Comme en témoignent les photos numériques, mercredi dernier, un nombre impressionnant de danseurs ont assisté à la seconde Milonga du Musée musicalisée par l’unico DJ Nico.
D’après la météo agricole, il flottait dans l’air une joie palpable tempérée par un vent léger. En tout début de soirée durant l’initiation, avant que le ciel ne fonce vers l’outre-noir à l’imitation de Pierre Soulages, le Maire-Président de Montpellier, Michaël Delafosse, fit une apparition au Boca pour se réjouir de l’affluence en terrasse déjà très importante dès 20h et pour glisser quelques mots aimables aux organisateurs de la manifestation. De mémoire, il me semble que c’est en faisant allusion à la Milonga du Musée et aux soirées de danses sur le toit du Corum voisin à Panorama (dont le Lindy hop le mercredi soir également), que Mr Delafosse testa sur ses interlocuteurs le slogan fantaisiste « à l’opposé de la France rance, à Montpellier c’est la France qui danse » ce qui ressemble un peu à du Amed Yalouz.
Palpable était donc la joie des danseurs (bis) au moment de retrouver un événement dont certains commençaient à douter qu’il renaisse un jour certainement pour éprouver chaque année davantage le sentiment de nostalgie, l’un des carburants du tango.
Si la nostalgie surgit parfois à la faveur d’odeurs liées à l’enfance comme tenta de nous en convaincre Marcel Proust en trempant un choco-BN (comme Bibliothèque National) ou un petit Lu dans un bol de Nesquik (dans la rubrique « vague à l’âme » de Vogue-Homme, j’ai lu que près de Grasse, capitale du parfum, les laboratoires des société de haute-couture tentent de reproduire les empreintes olfactives des intérieurs des vieilles deux chevaux Citroën), c’est surtout la musique qui détient ce puissant pouvoir de convocation émotionnelle, même quand elle est mauvaise.
Le déprimant tube « le lundi au soleil (c’est quelque chose qu’on aura jamais) » de Claude François fait à la fois renaître le souvenir des années 70 et l’optimisme des luttes sociales de cette époque au moment même où l’abolition du privilège de deux jours fériés annuels jusqu’à la fin des temps est proposée au débat public par Mr Bayrou ce qui est plus charitable que l’écartèlement des fumeurs en terrasse qui devrait s’appliquer d’ici si on suit la même logique.
Prenons un autre exemple moins sujet à polémique. Quand Lenny Kravitz sort It Ain’t Over ‘Til It’s Over en 1991, un sentiment diffus de « déjà entendu » se forme dans l’esprit de jeunes mélomanes sans que ceux ci réussissent à identifier précisément le ou les morceaux qui auraient inspiré le futur mari de Vanessa Paradis (petite touche « people » pour relancer l’attention du lecteur). Puis, il y a quelques semaines, à la faveur du visionnage de l’excellente série Smal Axe de Steve McQueen (le réalisateur de 12 years slave) sur arte, décrivant la vie de la jeune minorité noire londonienne des années 60, s’insinue dans la tête grisonnantes des mêmes mélomanes une réminiscence transmise par la chanson « Silly games » de Janet Kay employée de façon extrêmement puissante dans une longue scène de danse (épisode Lovers Rock).
Et c’est alors que le tube de Lenny Kravitz prend sa place quelque part entre succès damnés et succédanés, ce qui pourrait être le titre d’un article consacré aux emprunts et plagiats dans l’industrie musicale.
Palpable était également la joie des danseurs (ter) sur le parvis du Musée au moment de nombreuses retrouvailles. Comme avec Julien Martinelli de retour à Montpellier après plusieurs années en Argentine, avec Romina et Julien et leur fille de passage au Clapas, qui avant de s’installer en Argentine en 2010 avaient organisé le festival Zorzal à la Maison des Choeurs de Montpellier (au programme entre autres Carlitos Espinoza & Pamela Ramos, Federico Naveira & Ines Muzzopappa,.. ) comme un cadeau à Montpellier avant le grand départ.
Ce volontarisme, ce désintéressement, ça ne vous rappelle pas une association dont le nom commence par A Bailar Tang et qui finit par o ?
Non ? Bon alors signalons également à la Milonga du Musée la présence de la cantatrice réputée et excellente tanguera Julie Fuchs, dont le concert au pied de la tour Eiffel le 14 juillet dernier a été diffusé en direct sur France 2. Parmi son riche répertoire, elle interprète le rôle de Leila l’un des personnages de l’opéra « Les pêcheurs de perles » de Bizet.
L’aria du ténor « je crois entendre encore » issu de cette œuvre, fit l’objet d’une adaptation remarquable en tango par Florindo Sassone sous le titre, « pescadores de perles » dont une démo des maestros Clarisa Aragon and Jonathan Saavedra cartonne sur youtube (030 tango), ce qui semble démontrer la finalité promotionnelle de cette chronique puisque Clarisa & Jonathan sont les invités des InTANG #13 au mois de novembre : https://www.facebook.com/events/1666473514016363 (inscriptions bientôt !)
A Bailar,
Amed Yalouz
EVENEMENT FB « Bals Insomniaques » milongas plein air au Salon de Tango : https://fb.me/e/5uI8Hi3ii
HORAIRE : 21h30-2h. P.A.F TARIFS :-30 ans gratuit | 30>40 ans 5€ | étudiants/demandeur d’emploi 7€ | normal 10€ (grignotis sucré-salé + fruits), adhésion 24|25 incluse.
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MONTPELLIER FRANCE – EL SALÓN DE TANGO
MONTPELLIER AEROPORT- El Salon de Tango « Rufino Luro CAMBACERES » – 66, rue Léon Morane, 34130 MAUGUIO (FRÉJORGUES-OUEST) |